LES PREMIÈRES ACTIVITÉS DE PÊCHE
Après la colonisation des îles, l’activité de pêche s’est divisée en deux grands secteurs. D’une part, la pêche côtière pour la consommation locale de poisson frais et, d’autre part, l’exploitation du banc de pêche canario-saharien pour la fabrication de produits salés.
Alors que la première activité était exercée par la population locale, les déplacements vers la côte africaine pour pêcher étaient partagés entre les Canariens et les pêcheurs andalous, qui s’étaient installés sur les îles de Grande Canarie et de Lanzarote. Ces derniers ont fini par créer plusieurs noyaux de population sur l’île de Grande Canarie, notamment dans le quartier actuel de Triana, à Las Palmas de Grande Canarie.
Ces deux ouvrages font état de l’exploitation des côtes africaines par les pêcheurs établis aux Canaries, qui en avaient l’usage quasi exclusif, le reste de la flotte espagnole préférant pêcher dans les eaux de Terre-Neuve (une île située au nord-est de l’Amérique du Nord).
Lorsque, en 1763, l’Espagne perd le droit de pêcher dans ces zones, à la suite d’un accord conclu avec l’Angleterre, les bateaux de pêche péninsulaires commencent à se déplacer vers les eaux africaines proches des îles Canaries. Avec cette augmentation de l’activité, il devient nécessaire d’établir aux Canaries des usines de salaison, activité qui entraîne également une augmentation de la production de sel.
Les bateaux qui pêchaient dans les zones de pêche africaines à partir des Canaries étaient principalement des goélettes ou des pailebots, des balandras et des balandros. Beaucoup de ces voiliers ont été utilisés dans les années 40 du XXe siècle pour des voyages clandestins de migrants fuyant le régime franquiste ou la pauvreté de l’après-guerre vers l’Amérique, notamment vers le Venezuela.
Il n’existe pas de données sur l’activité de pêche exercée à cette époque par les habitants du territoire qu’occupe aujourd’hui Mogán, car ce n’est qu’en 1814 que fut créée la première corporation municipale, chargée d’enregistrer tout ce qui concernait l’activité de pêche sur son territoire.








